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Charles Demontigny et Alex Ratchev : l'innovation passe par le rire, la farce et la communauté !

Les visages de Montréal CoWork

Une blague lancée un premier avril devenue un business à succès. Deux amis inséparables, beaucoup d’humour québécois et un bulldog français nommé Huguette, élue salariée de l'année : non, ceci n'est pas une bande-annonce de film. C’est ainsi qu’est né QuébGPT, un chatbot qui parle seulement québécois, imaginé par Charles Demontigny et développé avec Alex Ratchev, son ami de toujours, dans le décor vivant et grouillant de Montréal Cowork.
 

Oser, Charles Demontigny a toujours su le faire et Alex Ratchev ne peut s'empêcher de suivre. Si le premier a toujours été empli d'idées, le second adore les concrétiser.

« Il faut les avoir à l'œil durant le temps des fêtes », lance amusée Nathalie Dubreuil, animatrice de communauté. « Ils aiment faire des coups », ajoute en riant Émilie Lamothe, qui les connaît bien et travaille aussi comme animatrice à Montréal Cowork.

Quand on ouvre la porte de leur bureau, on découvre, non sans surprise, un cadre grandeur nature avec la photo de la meilleure salariée de l'année : Huguette, bulldog français, affectueuse, courageuse et pleine de joie de vivre. Huguette est la mascotte, mais surtout la fidèle compagne à quatre pattes de Charles Demontigny.

La passion, c'est bien, mais le rire, c'est peut-être mieux pour lancer une idée d'affaire.

Charles et Alex, c'est ce duo inséparable qui se connaît par cœur depuis l'âge de 13 ans. Personnalités colorées, ils mettent l'ambiance, apportent leur bonne humeur quotidienne, s'investissent en permanence dans les activités de Montréal Cowork, lancent des « trends», comme le mentionne Émilie, et font partie intégrante de l'ADN de l'espace de coworking.

« Honnêtement, je pense que ça aurait été vraiment dur de bâtir quelque chose si on n'avait pas eu toute la communauté. Genre, des gens autour, parce qu'on est très sociables, on aime ça. Si on avait été tout seuls chez nous, là, je pense que ça n'aurait pas marché », partage Charles.

Humour, poutine québécoise et chatbot : les ingrédients d'un modèle d'affaire.
Visages phares de l'entreprise QuébGPT, située à Montréal Cowork depuis 2023, c'est Charles qui lance initialement l'entreprise. QuébGPT, le chatbot québécois, c'est avant tout un genre de questions-réponses avec un style québécois, un peu « colon », décrit-il, accompagné de références à la culture québécoise.


Par exemple : demander une recette de poutine façon Ricardo, ou encore écrire un courriel à sa mère quand on est pris dans le trafic : « Ah ben, mon chum, j'suis désolé, mais j'vais être en retard pour le souper. Y'a du trafic en tab....ak sur la route... ».

Ceci donne le ton et explique comment tout a commencé. « C'est en disant à la blague, un premier avril, que c'était le premier agent d'IA entraîné, ici au Québec, dans la section commentaires du Journal de Montréal ou de TVA Nouvelles », se remémore Charles. Il reçoit alors 12 000 requêtes en un week-end et participe à un podcast.

Ce poisson d'avril marque un tournant heureux et inattendu : l'avènement de QuebGPT, inspiré notamment de Sam Altman, PDG d'OpenAI, qui visualisait un futur où chacun pourrait avoir son OpenAI personnalisé.

Hasard ? Bon timing ? Sans doute, mais il faut aussi comprendre que cela tient beaucoup à la personnalité, à l'amitié, à une bonne dose d'humour, à l'expérience et à un bon environnement de travail.
 

Du parcours individuel à l'aventure entrepreneuriale
Enfant acteur, Charles apparaît dans des annonces publicitaires et joue dans diverses productions entre 5 et 12 ans. En parallèle, il se forme seul en informatique. « J'avais un ordinateur dès 8 ans », se souvient-il. Une passion héritée de son père, qui dirige alors une entreprise de logiciels à la fin des années 1990 et dans les années 2000. « Je vois ça comme un relais, où mon père aidait les entreprises à s'informatiser et moi, je les aide aujourd'hui à passer à l'IA », met-il en perspective.

Pour payer son bac et sa maîtrise en économie, il a aussi été joueur de poker
professionnel durant 10 ans. Un superbe apprentissage pour développer de l'expérience et des connaissances utiles pour sa future entreprise.

« Des fois tu gagnes, des fois tu perds. Même quand tu joues bien, tu peux perdre parce qu’il y a toujours une part de chance dans les décisions. Ça l’a “groundé” : il a appris à ne pas le prendre trop personnellement. Quand quelque chose ne fonctionne pas, tu t’adaptes, tu ajustes et tu réessayes », témoigne Alex, qui l’observe depuis toutes ces années.
 

Pourtant, l'école n'a pas toujours été facile, même loin d'être évidente. C'est non sans fierté que Charles explique, avec le recul, avoir réussi malgré les difficultés et les doutes à rebondir. « Je ne savais pas où je m'en allais. Être capable de retourner étudier, puis de venir avec une maîtrise, j'ai tourné cet échec-là en quelque chose qui m'a propulsé par-dessus », explique-t-il.
 

Les années 2015-2016 marquent en même temps le « rodage » de beaucoup de modèles en « deep learning », soit l'avènement de l'intelligence artificielle. Sa maîtrise en économie en poche, ses caractéristiques atypiques et une expérience unique convergent vers l'idée de business qu'on lui connaît aujourd'hui.

Six mois après avoir lancé le pivot de QuebGPT, Charles et Alex font le tour de l'Islande à vélo. Habitués à voyager ensemble, cette expérience physique et mentale renforce l'idée de travailler temporairement ensemble durant un mois, pour finalement ne jamais se quitter professionnellement comme ils le font amicalement depuis tant d'années.
 

Véritables électrons libres, ils ont un sens aigu de l'esprit de communauté. « Sociables, drôles, rassembleurs, ils sont un pilier pour Montréal Cowork et un bon exemple de personnes qui vivent en communauté », observe Émilie.
La réciproque est aussi vraie pour les deux entrepreneurs. « Montréal Cowork, c'est la colle qui fait qu'on a envie de se lever et d'aller travailler », conclut Charles.
 

Crédit article : Hélène Lequitte