Sabrina Grégoire : l’étincelle de Montréal CoWork, une meneuse qui rassemble
Les visages de Montréal CoWorkSabrina Grégoire a bâti toute sa vie, tant professionnelle que personnelle, autour d’un mot : le mouvement. Animée par un feu intérieur depuis sa plus tendre enfance, elle a fait de sa passion, l’activité de plein air, une profession. Aujourd’hui, l’athlète émérite est devenue propriétaire de deux franchises. Ce feu sacré s’est mué en expérience, et c’est avec sa générosité et son sourire rayonnant qu’elle insuffle l’étincelle aux autres.
« Il y a eu un avant et un après Sabrina », lance d’une traite Raphaël Dimanche, responsable Commercial à Montréal CoWork. Sabrina capte tout de suite l’attention en sortant de l’ascenseur
de l’espace de coworking, comme chaque mercredi, arborant son sourire contagieux, son allure d’athlète, ses cheveux de jais ramassés en queue de cheval et son énergie chaleureuse sans pareille.
La course du mercredi, un rituel immuable
Depuis quatre ans, elle organise et mène « la course du mercredi » avec un groupe d’irréductibles qui ne manqueraient pour rien au monde leurs rendez-vous hebdomadaires. « Pour moi, c’est sacré ! Dans mon récap de 2024, c’est le moment où j’ai le plus couru entre midi et 13h », résume Charles Demontigny, membre de Montréal CoWork et ami de Sabrina.
Le chemin est simple : direction l’esplanade du Mont-Royal pour les plus aguerris (10 km),
mais il n’y a pas d’obligation. Chacun va à son rythme, les petits chemins de traverse restent aussi une alternative face à l’effort que chacun veut et peut produire. « Ça m’a apporté un point d’ancrage et de stabilité, et ça met toujours du bonheur dans ma journée de voir Sabrina », poursuit Charles. On réalise avec le temps que courir peut développer des amitiés aussi inattendues que durables, notamment entre les murs de Montréal CoWork.
Une meneuse naturelle
Sabrina est sans conteste une meneuse, car elle sait motiver les autres comme personne.« Elle a réussi à convaincre des gens de s’inscrire à un marathon, y compris moi, alors que je faisais du sport mais ne courais pas du tout », se souvient Raphaël Dimanche. Cette capacité de convaincre et de rassembler lui vient d’un besoin de contact avec les gens quasi physique, nourrissant des liens communautaires « tricotés serrés ». D’ailleurs, Sabrina le dit elle-même. « Je revivrais bien l’époque des chasseurs cueilleurs, où chacun avait un rôle essentiel au sein de la communauté », dit-elle.
Graine de championne
Avant sa carrière de coach et de gestionnaire pour Cardio plein air, Sabrina a toujours ressenti une soif d’intensité et de dépassement. Originaire de Mont-Laurier dans les Laurentides, elle ressent dès l’enfance le besoin viscéral de se dépenser. De 7 à 17 ans, elle pratique assidûment le taekwondo, obtient sa ceinture noire et atteint les championnats canadiens. « J’adorais la compétition, l’intensité, vivre le moment présent, et ne rien laisser me déconcentrer », se remémore-t-elle. Un seul regret subsiste, ne pas avoir poursuivi jusqu’à l’équipe olympique.
Début vingtaine, elle part étudier à l’Université de Montréal en anthropologie et se spécialise en archéologie, tout en jouant en parallèle au basket, au CEPSUM. Son bac en poche, elle travaille sur des sites de fouilles en France et en Allemagne, puis parcourt l’Europe en avec son (?) sac à dos durant un an. Mais elle arrête tout au moment de la maîtrise, comprenant que l’aspect académique est rendu trop statique pour sa personnalité de fonceuse, et change radicalement de cap.
Elle entame alors un nouveau bac en kinésiologie, qui apparaît alors comme une évidence :le mouvement c’est bel et bien toute sa vie. C’est vers la fin de ses études, qu’elle se lance dans la course à pied, pour continuer à se dépenser. « La course en sentier c'est moins répétitif, moins axé sur la performance et ça se pratique en nature », explique-t-elle. Forte de son expérience de coach, elle emprunte un genre de sentier différent, celui de l’entrepreneuriat :elle achète une première franchise. En 2018 elle achète sa première franchise Cardio Plein Air, Plateau Mont-Royal, puis une deuxième en 2021, Cardio Plein Air Ville-Marie - Outremont. Devenir gestionnaire est tout un apprentissage, et c'est un dépassement de soi différent qui ne l’effraie pas.
Véritable force de la nature, sa résilience est phénoménale : elle pratique 25 heures de sport par semaine, en combinant tous les entraînements qu’elle donne à ses responsabilités de gestionnaire.
« Elle est capable de mixer avec ses deux franchises et continue à avoir du plaisir chaque semaine, tout en allant courir au Mont-Royal avec la gang du mercredi », relate Charles Demontigny.
D’où lui vient cette énergie inépuisable ? L’explication relève de l’euphémisme : « Dans le fond, j'ai toujours été sportive », lance-t-elle modestement. Aujourd’hui proche de la quarantaine, le feu sacré est toujours là, mais c’est la quête d’équilibre et l’envie d’inspirer les autres qu’elle priorise : le plein air, l'entraînement de groupe, le contact avec les gens. « Ce côté que j'aimais de l'anthropologie, de côtoyer des gens, de comprendre ce qu'ils font dans mon groupe, en tant que coach c'est très intéressant », partage-t-elle
Pédagogue dans l’âme
Faire en sorte que tout le monde se sente à sa place et gommer les différences est l’une des grandes forces de Sabrina. « Elle est impressionnante en tant qu’athlète, mais elle l’est encore plus en tant que pédagogue », souligne Raphaël Dimanche. Charles Demontigny abonde dans ce sens, « ce n’est pas dans sa nature, de vouloir être meilleure que tout le monde, c’est dans sa nature que tout le monde puisse accomplir ses objectifs ».
Sabrina c’est une pépite d’énergie qui incarne une philosophie où le sport est avant tout un vecteur de bien-être et de lien social. Si Sabrina s’assure toujours des normes de sécurité quand elle sort en groupe, elle reste un leitmotive incroyable pour les autres. « Les sorties au Mont-Royal représentent vraiment Sabrina, par moins 20 dégrés, comme à plus 40, elle sera toujours là pour courir », conclut Raphaël.
Article : Hélène Lequitte
Crédit photo : Jordan Jacquier
