
Victor Lal, 28 ans – La créativité au service des réfugiés
Les visages de Montréal CoWork« Ce n’est pas facile quand on est immigrant d’arriver au Canada », confie Victor Lal. À 28 ans, ce natif de Toronto a choisi de consacrer sa vie aux autres. En 2022, il fonde Haven Refugees, une ONG qui vient en aide aux réfugiés. Aujourd’hui installé à Montréal CoWork, il partage pourquoi il veut mettre sa créativité au service des personnes déracinées.
« Souvent, les familles qui doivent quitter leur pays en guerre n’ont pas vraiment le choix », lance Victor sans hésitation. C’est dans l’une des salles de réunion de Montréal CoWork qu’il se livre sur ce sujet sensible, profond et qu’il connaît sur le bout des doigts.
Toujours souriant, laptop à la main, Victor dégage une énergie et une force tranquilles. Derrière son air juvénile se cache pourtant une expérience impressionnante et une maturité étonnante. « Je suis une vieille âme », confesse-t-il en riant.
Un engagement assumé
Depuis longtemps, il met son énergie au service des déracinés, de ceux qui en ont le plus besoin, et ce n’est pas un engagement de circonstance. En 2017, il parcourt à vélo, en un mois, les 3 000 km entre Toronto et Saint John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador. L’année suivante, il traverse à la nage le lac Ontario, soit 52 km, pour lever des fonds en faveur des réfugiés syriens. Quand la guerre en Ukraine éclate, Victor part trois mois en Pologne pour aider directement sur le terrain.
Cette passion, qui le pousse à aller si loin et à repousser ses limites, il la puise dans son histoire familiale, un passé qui orientera aussi son choix de carrière. « Ma mère m’a inspiré. Elle a toujours eu un vif intérêt pour la politique, les nouvelles internationales, les conflits, les guerres, l’histoire et les gens qui ont besoin d’aide. »
Et pour cause, ses parents, originaires de Pologne, quittent le pays en 1988, chacun de leur côté, avant de se rencontrer en transit, en Espagne, pour s’installer à Toronto. « Ils sont partis à cause du système et du manque d’opportunités », résume Victor. Les grèves massives de l’époque forcent le pouvoir communiste en place à reconnaître qu’il ne peut plus gouverner seul, sans dialogue avec l’opposition.
Si l’arrivée au Canada sonne comme un nouveau départ, le processus par lequel ils passent relève du parcours du combattant. Cette histoire familiale forgera en Victor un devoir de mission qu’il résume en ces mots : « Si on peut, on doit ! »
« J’ai commencé quand j’étais étudiant, puis j’ai travaillé comme consultant. Ensuite, j’ai décidé de travailler pour une grande ONG américaine », raconte-t-il. Il s’agit de l’International Rescue Committee (IRC). Une expérience formatrice, mais incomplète, voire décevante : « Particulièrement au Canada, je n’ai pas vu d’organisations qui créaient des solutions vraiment pertinentes. Il y a un système global pour les réfugiés, mais il ne marche pas bien. Alors j’ai voulu en inventer un autre. »
Haven Refugees : un havre de paix
De cette réflexion et de son cheminement personnel naît Haven Refugees, en 2022. « Le nom est bien choisi, car il symbolise un havre de paix, une destination qui inspire la protection pour les réfugiés. »
L’ONG rassemble aujourd’hui des personnes venues de divers horizons et cherche à étendre ses actions au Québec. Parrainage et cours de langue figurent parmi les services principaux que propose l’organisation. Ce sont à présent près de 6 000 à 7 000 réfugiés qui sont inscrits sur la plateforme.
Montréal CoWork : une seconde maison
Installé sur le Plateau Mont-Royal depuis son arrivée au Québec, Victor a trouvé dans Montréal CoWork un point d’ancrage et aussi son havre de paix. « L’impact pour moi, c’est autant personnel que professionnel. J’étais nouveau à Montréal. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’amis. Je suis très reconnaissant envers l’équipe ici », dit-il avec le sourire.
L’espace de coworking est aussi devenu un terrain d’apprentissage. « C’est l’occasion de pratiquer mon français. Et je comprends l’importance d’impliquer la communauté francophone pour développer Haven Refugees au Québec. »
Rendre à la société
Aujourd’hui, le souhait de Victor est simple : « Je veux rendre à la société, à ma manière, pour que d’autres personnes, comme mes parents à l’époque, puissent recevoir l’aide dont elles ont besoin. »
En effet, on dit souvent que les histoires de famille s’apparentent aux histoires de voyage, de migration ou d’immigration, car en définitive, on vient tous de quelque part.
Crédit article : Hélène Lequitte
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